Les meilleurs films pour tester le son home-cinéma immersif (Dolby Atmos, DTS:X…)

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Vous disposez d’un home-cinéma 3D (Dolby Atmos, DTS:X ou Auro 3D) et désirez mettre à profit sa puissance. Vous rêvez de tester tout son potentiel ? Nous avons sélectionné pour vous les films (Blu-Ray 4K Ultra HD, streaming) parmi les plus spectaculaires pour tirer le meilleur parti de votre installation.

Ready Player One - bataille finale
Ready Player One, de Steven Spielberg, propose l’une des expériences Dolby Atmos les plus abouties en matière d’immersion et de spatialisation. – Copyright Warner Bros. France

Le son home-cinéma 3D Dolby Atmos est désormais compatible avec de nombreux matériels audio et vidéo dont les barres de son, les amplis home-cinéma, les téléviseurs, les casques et écouteurs, voire même avec certains smartphones. Projeté en l’air depuis le sommet de certaines colonnes ou diffusé à partir d’enceintes de plafond (encastrables ou non), il se réfléchit sur le spectateur. De quoi ainsi créer une véritable bulle sonore. Il exploite deux à quatre enceintes supplémentaires pour ajouter au son une dimension verticale et permettre de déplacer les effets sonores très précisément dans la pièce, en largeur, en profondeur et en hauteur. Très efficace sur certaines scènes de films, il procure une sensation d’immersion totale, plus enveloppante que le désormais classique 5.1 ou 7.1.

Dolby Atmos - son home-cinéma 3D

Le son Dolby Atmos est désormais utilisé par les cinéastes et leurs équipes dès la phase de mixage. La technologie permet en effet aux designers sonores de cartographier minutieusement le champ sonore, en plaçant chaque son et voix à des endroits très précis. En plus de la combinaison traditionnelle jusqu’à 9.1 canaux, le son 3D peut gérer jusqu’à 118 objets sonores simultanés. De quoi créer une scène sonore enveloppante d’une richesse sidérante. Non content de dynamiser et d’enrichir les scènes d’action, le son immersif Dolby Atmos/DTS:X augmente aussi l’immersion globale à travers les effets et la musique.

Si bien qu’entre les mains d’un grand concepteur sonore, cet outil offre la flexibilité idéale pour créer des paysages sonores à même de vous transporter, de vous terrifier et/ou de vous émouvoir. Ce type d’architecture sonore 3D fait également des émules dans le domaine de la musique. L’équipe de Son-Vidéo.com avait pu en faire l’expérience lors de sa visite de l’iconique studio Guillaume Tell équipé en Dolby Atmos. L’occasion notamment de redécouvrir le titre Rocket Man d’Elton John remixé en Atmos, d’une densité phénoménale.

Elipson Prestige Facet
Certaines gammes d’enceintes permettent de composer son système home-cinéma à la carte avec les enceintes principales, centrale, surround et enceintes d’effets Atmos/DTS:X (ici les Elipson Prestige Facet).

Nous avons sélectionné les films les plus remarquables pour exploiter au mieux l’efficacité du son Dolby Atmos, et le cas échéant du son DTS:X. De quoi ainsi permettre à votre système, qu’il s’agisse d’une barre de son ou d’un système d’amplification et de haut-parleurs, de tutoyer les plus hauts sommets de la spatialisation surround.

Le Mans 66, de James Mangold (2019)

James Mangold ne pouvait pas réaliser un film sur les 24 heures du Mans sans en passer par des séquences de conduite homériques. Le réalisateur s’acquitte de cette exigence avec brio durant pas moins de 30 minutes de course, dans le dernier tiers du long-métrage. Juxtaposant la fureur de l’habitacle et celle plus atmosphérique du circuit, ce moment du film subjugue par son intensité. Accidents, pluie, musique imitant la tonalité du moteur de la Ford GT40… la conjugaison de tous ces effets délivre une intensité qui fait cas d’école.

Ferrari Le Mans 66 James Mangold
Le mixage aux sonorités piquées et détaillées jusque dans les compositions de Marco Beltrami & Buck Sanders, est somptueux en Dolby Atmos. La VO est recommandée. – Copyright Twentieth Century Fox

Reste que s’il ne fallait conserver qu’une seule scène du film pour illustrer tout le potentiel de votre installation, ce serait sans doute la course de Willow Springs au début du film. Viscérales et palpitantes sans jamais en devenir envahissantes, les couches sonores se superposent harmonieusement. Alors que Ken Miles (incarné par Christian Bale) continue la course au volant de sa Ford Cobra, le vent s’engouffre de tous les côtés et secoue le spectateur. À l’intérieur de la cabine, on ressent les vibrations du pare-brise fracturé, les cliquetis de la suspension et les régimes transitoires dus aux changements de vitesse.

L’ambiance sonore s’attache parfois à retranscrire la moindre respiration émise par le pilote incarné par Christian Bale, protagoniste aussi génial qu’antipathique. – Copyright Twentieth Century Fox

Dans les plans larges, le son matérialise en parallèle précisément la trajectoire des voitures à mesure qu’elles progressent sur l’écran ou dérapent sur la piste. La spatialisation est sidérante. Puis il y a cet instant où le design sonore se focalise sur la respiration de Miles, moment d’apesanteur au milieu de l’action. Jamais décousue, la narration sonore de Le Mans 66 fait ainsi figure de modèle. Elle a d’ailleurs valu au film l’Oscar du meilleur montage sonore en 2020.

Édition FR – Anglais Dolby Atmos – Anglais DTS-HD MA 2.0 – Français DTS 5.1 (Blu-ray 4K)

1917, de Sam Mendes (2019)

Avec 1917, Sam Mendes frôle la perfection en matière de film tourné en un seul plan séquence (les rares cuts sont dissimulés grâce à des effets numériques ou subtilement masqués, à la manière de La Corde d’Hitchcock). Le film retrace le parcours de deux jeunes soldats britanniques chargés de délivrer un message pour empêcher un autre bataillon de tomber dans un piège tendu par l’armée allemande. La mise en scène engage subtilement le spectateur, qui suit intensément l’odyssée périlleuse des soldats dans un no man’s land. Un cadre idéal qui donne lieu à quelques trésors d’inventivité en matière de son 3D.

1917 Sam Mendes
L’auditeur se retrouve au cœur même des tranchées, dans 1917. Ce ne sont pas tant les armes à feu et explosions que l’atmosphère presque onirique, entre musicalité et effroi, qui se distingue ici. – Copyright Universal Pictures and Storyteller Distribution Co., LLC.

Illustrant avec finesse le ballet de la caméra (souvent en vue subjective) sans en devenir littéral, la bande son Atmos distille un effet de réel saisissant. Les sons se révèlent au spectateur à l’instant où ils se manifestent aux soldats. D’abord atmosphérique, le bruit des avions, dans la scène de la grange, devient de plus en plus net à mesure que les protagonistes prennent conscience qu’un combat aérien se déroule au-dessus de leur tête. Si l’intensité perdure tout au long de 1917, c’est grâce aussi aux instants plus calmes qui succèdent à chaque scène dévastatrice.

1917 séquence de la ferme abandonnée
La séquence de la ferme abandonnée, près de laquelle va s’écraser un avion allemand à l’issue d’un combat aérien, est superbe. – Copyright Universal Pictures and Storyteller Distribution Co., LLC.

Vers la fin du film, alors que le soldat Schofield tente d’arrêter l’attaque, il sprinte au sommet d’une tranchée tandis que les soldats chargent sur son chemin. Explosions d’obus, coups de feu dans toutes les directions, pluies de débris… sa progression s’accompagne de nappes sonores brutales et très localisées. Loin de toute cacophonie, la spatialisation du son accentue le drame et le danger. C’est magistral !

Édition FR – Anglais Dolby Atmos – Français Dolby Digital Plus 7.1 (Blu-ray 4K)

Valérian et la Cité des mille planètes, de Luc Besson (2017)

L’adaptation de la série de bandes dessinées culte de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières bénéficie d’un mixage Dolby Atmos retentissant sans jamais être tapageur. Et c’est exactement ce qu’il faut pour créer une spatialisation optimale. Nous nous étions d’ailleurs entretenus avec le mixeur son du film, Didier Lozahic, à sa sortie en 2017. Une belle occasion pour l’artiste d’évoquer le regain de créativité permis par le Dolby Atmos et le DTS:X.

Valérian et la Cité des mille planètes, de Luc Besson
Véritable avalanche de détails sonores, entre passages de vaisseaux et assauts armés, la piste Atmos se révèle une belle démonstration. – Copyright EuropaCorp – VALERIAN SAS – TF1 FILMS PRODUCTION

Ambiances, effets de musique, richesse des détails sonores… l’activité surround apparaît très opulente dans Valérian et la Cité des mille planètes, notamment lors des courses-poursuites (celle de Valérian dans la Cité des mille planètes, par exemple). La verticalité (vaisseaux qui chutent, voix de l’Intruder, déplacements de véhicules spatiaux, explosions…) et les voix toujours claires des protagonistes impressionnent beaucoup.

Édition FR – Anglais et Français Dolby Atmos (Blu-ray 4K)

Ready Player One, de Steven Spielberg (2018)

Si vous recherchez l’immersion et la démonstration de force, la bulle sonore créée par la piste Dolby Atmos de Ready Player One (en version originale mais également en français, chose rare) risque de dépasser vos attentes. La luxuriance du mixage atteint en effet des sommets de précision. La spatialisation apparaît ciselée, les dialogues clairs et les atmosphères remarquables. Avec ses effets vibrants, la course motorisée fourmille de détails sensationnels. Quant au monde virtuel de l’OASIS, il foisonne d’innombrables ambiances, toutes très enveloppantes. 

Ready Player One, séquence d'action
La piste Atmos de Ready Player One est une référence. Le mixage crée une expérience qui prouve qu’installer des enceintes au plafond a du sens. La spatialisation est sidérante. – Copyright Warner Bros. France

Particulièrement mis à contribution au cours de la bataille finale, les canaux surround ne cessent d’isoler des éléments particuliers : drones, projectiles, objets volants, pièces, T-Rex, King Kong, Mechagodzilla… le déluge d’informations apparaît démentiel tout en restant intelligible. Ce montage sonore est signé Kyrsten Mate (issue de la célèbre société Skywalker Sound). Et cerise sur le gâteau, les partitions musicales et leurs envolées lyriques découlent du travail du grand Alan Silvestri (l’homme derrière la musique de la trilogie Retour vers le futur, notamment). L’ampleur est sidérante et les basses implosives, sans jamais dominer le reste.

VO et VF en Dolby Atmos ou DTS-HD MA 5.1 (Blu-ray 4K)

Mission: Impossible – Fallout, de Christopher McQuarrie (2018)

Le travail minutieux réalisé sur la VO Atmos atteint des sommets. Sound design, espace acoustique, équilibre du mixage, effets, atmosphères, clarté des dialogues… pas un détail ne vient entacher ce superbe tableau. C’est probablement au niveau de la scène aérienne (trajectoire des hélicoptères, coup de vent, diffusion des voix…) que l’activité semble la plus impressionnante. Aussi multiples que les mouvements de caméra et cadrages, les sons se propagent avec une dynamique survoltée et des effets multicanaux dignes d’une véritable expérience cinéma immersive.

Mission: Impossible - Fallout, de Christopher McQuarrie (2018)
Paramount gratifie d’une version originale Dolby Atmos (core Dolby TrueHD 7.1) vraiment saisissante. À regret, la version française s’en tient au Dolby Digital. – Copyright Paramount Pictures and Skydance

La séquence d’hélicoptère s’avère par exemple d’une extrême finesse en matière de design et de mixage sonore. L’espace d’écoute apparaît vertigineux, pointilliste et avec des effets d’accélération ahurissants. Les séquences de ce type abondent, avec des effets multivoies aussi denses que fluides (scènes de voltige, courses-poursuites automobiles, crashs…). Du grand art.

VO Dolby Atmos – VF Dolby Digital 5.1 (Blu-ray 4K)

Blade Runner 2049, de Denis Villeneuve (2017)

Se déroulant 30 ans après les événements de son illustre prédécesseur, Blade Runner 2049 apparaît moins comme une suite que comme une extension de l’univers du film de Ridley Scott. À cet égard, le long-métrage joue la carte du fan service et sa piste sonore (signée Mark Mangini) se met au diapason. Le Dolby Atmos propose ainsi une expérience mémorable, sinon scotchante. Entre la pluie diluvienne, les flocons de neige, le vent et les multiples atmosphères de la ville, le long-métrage dispose d’une scène sonore verticale renversante. Un coup de maître qui renforce sa poésie crépusculaire et sa contemplation. Entre les voix charnelles des personnages et la déflagration haletante lors des scènes d’action, tout reste toujours parfaitement équilibré.

Blade Runner 2049, atmosphère de fin du monde
Colorimétrie froide, néons et reflets… la fidélité à l’égard du volet original est exemplaire. Une sensation transcrite avec brio par la piste sonore de Mark Mangini – Copyright Sony Pictures / Warner Bros. Pictures

La scène où K et Joi s’envolent de Los Angeles pour rejoindre l’orphelinat, avec ses contrastes entre quasi-silence, grondements de tonnerre, orchestration, foudre et coups de feu, touche la perfection. La répartition des détails sonores (bourdonnement d’insectes, course de véhicules volants…) est par ailleurs exemplaire. Quant à la musique d’Hans Zimmer (en collaboration avec Benjamin Wallfisch), bien plus subtile et expérimentale qu’à l’accoutumée, elle prolonge pleinement la dynamique planante et mystique de la partition originale de Vangelis. Des envolées mélodiques aux sonorités vaporeuses en passant par les basses ultra-puissantes et ondulantes, le traitement Dolby Atmos offre un voyage des plus hypnotiques.

VO Dolby Atmos – VF DTS-HD MA 5.1 (Blu-ray 4K)

Roma, d’Alfonso Cuarón (2018)

Et si le potentiel immersif du Dolby Atmos était encore plus grand dans les films intimistes que dans les blockbusters ? La question se pose légitimement avec Roma, drame poignant qui partage avec Gravity (2013) un même metteur en scène (Alfonso Cuarón) et une même équipe de sound designers. Chose singulière, le film ne dispose pas de partition musicale. Ce qui offre justement à Roma une liberté inouïe, entre densité et audace. Ici, la fluidité du son Atmos s’aligne sur la mise en scène languide d’Alfonso Cuarón, suit minutieusement les lents et longs déplacements de la caméra. Tandis que l’objectif effectue par exemple un panoramique, le paysage sonore s’égraine au fil d’une multitude de détails. Oiseaux, chiens, grêle, vendeurs de rue, dialogues multiples (protagonistes en présence et passants plus éloignés)… le changement progressif de perspective s’accompagne d’une atmosphère somptueuse et miroitante.

Roma, séquence de la plage
L’équipe de post-production sonore ‑Skip Lievsay, Craig Henighan et Sergio Diaz‑ a exploité toutes les possibilités de l’Atmos. Prises de son en studio et enregistrements d’époque ont été mêlés pour recréer le paysage sonore de l’enfance du cinéaste. – Copyright Netflix, Carlos Somonte

Ainsi, l’ambiance du Mexico de 1970-1971 se traduit exclusivement via la dramaturgie sonore, presque dépourvue de paroles. Enveloppante et truffée d’effets verticaux, la séquence où Cleo porte secours aux enfants en mer envoûte autant qu’elle tétanise. L’intensité des vagues, qui ne cessent de se rapprocher dangereusement, apparaît ainsi comme l’un des climax du film. Des effets pointillistes qui illustrent de plus en parallèle la psychologie du personnage. C’est grandiose.

En Dolby Atmos sur Netflix, en VO

Le Chant du loup, d’Antonin Baudry (2019)

À l’instar de Ready Player One, le mixage du son du film Le Chant du Loup est passé entre les mains des génies de Skywalker Sound (Lucasfilm). Mieux : le long-métrage a bénéficié du perfectionnisme obsessionnel de l’ingénieur du son Nicolas Cantin – une performance qui lui a valu le César du meilleur son en 2020. De fait, rien d’étonnant si la piste Dolby Atmos du film Le Chant du Loup se révèle aussi précise et sensationnelle. Comme dans tout film de sous-marin, l’important consiste à retranscrire avec fidélité la vie et les sensations à bord d’un submersible. Une mission ici accomplie avec une justesse implacable.

Le Chant du loup, d'Antonin Baudry
Essentiellement basé sur le son, le film offre une précision implacable en Atmos, avec des détails innombrables. On se surprend à chercher dans tous les recoins de la pièce. Un dispositif immersif qui nous place dans la tête de l’Oreille d’or du sous-marin. – Copyright Julien Panié

Qu’il s’agisse de la pression de l’eau sur la coque, du bourdonnement des turbines et divers équipements, des sonars, du chant des dauphins ou baleines, de l’impact des explosions, de la trajectoire des torpilles, des instructions du commandant dans les haut-parleurs, des fonds marins adjacents… tout rayonne avec netteté. La piste sonore couvre ainsi les moindres recoins de la pièce d’écoute du sous-marin. Comme si le spectateur se trouvait littéralement à la place de Chanteraide, l’Oreille d’or du bâtiment. Épique et pointilliste, ce mixage aux dialogues limpides fourmille par ailleurs d’infra-graves. Incontournable.

Édition FR – Français Dolby Atmos – Français DTS-HD MA 2.0 (Blu-ray 4K)

Spider Man : Homecoming, de Jon Watts (2017)

La bande son Dolby Atmos de ce volet de la saga Spider-Man est épatante. Lorsque Spidey projette ses toiles, le spectateur ressent leur mouvement tout autour de la pièce. De même, on perçoit les trajectoires du Vautour (le grand méchant) sur les côtés et au-dessus de soi – notamment lors de l’affrontement vers la moitié du film. Parfaitement équilibrée, la musique de Michael Giacchino se déploie avec fougue dans la pièce sans jamais engloutir les voix claires et les effets sonores pléthoriques.

Spider Man : Homecoming, séquence du ferry
Puissante et intense, la piste Dolby Atmos de Spider Man : Homecoming offre un bon équilibre entre précision et sensations fortes. En dépit d’explosions démentielles, les détails restent toujours perceptibles avec clarté. – Copyright Sony Pictures Releasing GmbH

Mention spéciale pour l’acte final dont la piste LFE risque de mettre votre caisson de basses à rude épreuve. Cela est d’autant plus vrai lorsque la coque du ferry se rompt en deux parties. Les sensations de volume et autres différences d’échelle sont alors incroyables.

Dolby Atmos en VO, DTS-HD pour la VF (Blu-ray 4K)

Dune, de Denis Villeneuve (2020)

Adapté du célèbre roman de science-fiction éponyme de Frank Herbert, Dune place le son au centre de la narration. En découle une expérience où les dialogues importent beaucoup moins que les sensations. Il faut dire que le concepteur sonore du film se nomme Mark Mangini (Mad Max: Fury Road, Blade Runner: 2049) et qu’il collabore cette fois avec le compositeur Hans Zimmer, plus habile que jamais. La piste sonore Dolby Atmos qui en résulte, mystérieuse et métaphysique, est extraordinaire et met à contribution chaque haut-parleur. Vertigineux et finement sculpté, le champ sonore dégage un sentiment d’intimité et d’immensité.

Dune, de Denis Villeneuve
L’atmosphère sonore de Dune adopte souvent une dimension hallucinée ou hypnotique. Cela permet de traduire le caractère suprême et obsessionnel de la quête prophétique du héros. – Copyright Warner Bros. France

La séquence durant laquelle Paul et son père volent à bord d’un ornithoptère (un avion ressemblant à une libellule) et rencontrent un ver de sable géant illustre bien cette atmosphère si particulière. Composé à partir de sons organiques (insectes, félins..), le bruit du vaisseau ronronne au-dessus du désert infini au gré d’une symphonie de réverbérations. Les déplacements brusques et en piqué de l’engin lors de la tempête de sable donnent lieu à de fabuleux effets verticaux. Une polyphonie à laquelle s’ajoutent d’innombrables effets : vents du désert, sifflements, grains de sable, hurlements du ver titanesque. Le cocktail sonore étourdit ainsi autant qu’il hypnotise.

Dolby Atmos en VO, Dolby Digital 5.1 en FR (Blu-ray 4K).
VF Atmos dans l’édition limitée Warner Home Vidéo 4K Ultra HD Steelbook.

Mad Max : Fury Road, de Georges Miller (2015)

Afin de libérer tout le potentiel de cette chasse à l’homme dantesque, vous aurez besoin d’un système puissant. Une installation à même de traduire les rugissements tonitruants des moteurs survitaminés. Un système susceptible de retranscrire le désert infini, les tempêtes de sable, la puissance des roadsters rouillés et enragés, les déflagrations et les tôles qui se déchiquètent.

Enceintes Klipsch R-41SA
Conçues pour le cinéma immersif, les enceintes Klipsch R-41SA est positionnables au mur ou sur une des enceintes principales pour profiter du Dolby Atmos par réflexion.

Avec ses tambours frénétiques, la bande-son signée Junkie XL est un monument de fureur et d’impétuosité. Son orchestration palpitante rythme la poursuite infernale. Tandis que les cordes et les pulsations électriques soulignent et accentuent la moindre action. L’articulation entre la musique syncopée et précise, la tension permanente, les effets sonores (chaque détail est organique, à la façon des effets de Jurassic Park) et le bruit des voitures et des explosions incessantes, tient du chef d’œuvre.

Mad Max : Fury Road, de Georges Miller
L’immersion visuelle et sonore est ce qui compte le plus dans Mad Max : Fury Road – davantage que les personnages et les dialogues, délibérément réduits au minimum. Un langage cinématographique proche de Buster Keaton et d’Alfred Hitchcock – Copyright Village Roadshow Films (BVI) Limited

Chaque coup de feu, grondement de moteur, grognement de Tom Hardy (Max) et dialogue se détachent distinctement. Quant aux riffs de guitare saturés, l’un des effets sonores les plus percutants du long-métrage, ils retentissent toujours soudainement. Ceux-ci s’élèvent dès que la caméra s’approche du Doof Warrior – l’assaillant dont la guitare à double manche crache des flammes. Un tour de grand huit particulièrement jouissif.

Dolby Atmos en VO et FR (Blu-ray 4K)

Uncut Gems, de Joshua et Ben Safdie (2019)

Tout au long d’Uncut Gems, la piste sonore Atmos oscille entre une présence presque écrasante et une immersion sensible et captivante. Un semblant de chœur grec invisible se niche dans les envolées mystiques de la partition électro expérimentale d’Oneohtrix Point Never. Le spectateur se voit sans cesse emporté dans une sorte de trip hallucinogène. La séquence d’ouverture est un monument à elle toute seule. Elle commence à l’extérieur d’une carrière éthiopienne où un mineur vient d’être grièvement blessé. Puis de la foule à l’extérieur, on passe à deux mineurs solitaires au fond des entrailles de la mine. Voix lointaines, sons réverbérants… quelque chose de l’ordre du rêve se propage. Enfin, la mélodie et la caméra nous transportent hors de l’écran, jusque dans des sortes de coulisses. Désormais, l’action va suivre le destin du protagoniste central, un bijoutier new-yorkais accro au danger et nommé Howard…

Uncut Gems, de Joshua et Ben Safdie, Adam Sandler
L’ambiance sonore d’Uncut Gems est virtuose. Les thèmes synthétiques 80’s d’Oneohtrix Point Never rappellent l’esprit original de Blade Runner et ses cités futuristes. – Copyright Courtesy Netflix

Si un sentiment presque permanent de claustrophobie se dégage des images et des sons d’Uncut Gems, le Dolby Atmos permet d’illustrer à merveille cette oppression et la vie chaotique, du moins hasardeuse d’Howard. La sensation d’enveloppement et d’enfermement dans l’univers du personnage vaut à elle toute seule le détour. Malheureusement pour les francophones, cette édition qu’il est possible d’importer ne dispose que de sous-titres anglais (pour sourds et malentendants).

Dolby Atmos en VO en Blu-Ray 4K (import) / pas de Dolby Atmos sur Netflix, hélas

Il faut sauver le soldat Ryan, de Steven Spielberg (1998)

En 2015, Dolby Laboratories demandait à ses followers sur Twitter quel film ces derniers souhaiteraient entendre en Dolby Atmos. Il faut sauver le soldat Ryan apparût aussitôt en tête de liste. Quelques années après, Paramount célébra les 20 ans du long-métrage avec une version remixée en Dolby Atmos (TrueHD 7.1). Plus impressionnante encore qu’en DTS-HD Master Audio 5.1, la bande-son originale Atmos relève du chef d’œuvre. Plus vaste que jamais, la spatialisation offre des sensations d’enveloppement et de bulle sonore incroyables. Pour rappel, le mixage d’Il faut sauver le soldat Ryan avait valu au génial Gary Rydstrom (Terminator 2, Jurassic Park, Titanic…) l’Oscar 1999 du meilleur son. Un gage de qualité indéniable.

Il faut sauver le soldat Ryan, séquence du débarquement
La VO stratosphérique d’Il faut sauver le soldat Ryan, aussi aérée que dynamique, relève assurément de la démonstration technique. Mention spéciale pour la séquence du débarquement. – Copyright Amblin / Paramount / Dreamworks

Éprouvante par sa dynamique et sa violence, la bande-son se déploie. Son mixage place le spectateur au centre d’un champ de bataille infernal. Presque incessant, le dispositif en passe par des aigus cristallins et acérés. Tandis que des basses fulgurantes et profondes résonnent lors des fusillades. Les balles qui pleuvent, les tirs de mortiers qui s’abattent, les courses erratiques et cris des soldats, les vrombissements des chars, le souffle des explosions, les avions qui passent au-dessus… rarement une bande-son n’aura atteint un tel degré de réalisme et distillé l’enfer de la guerre de manière aussi tangible. 

Dolby Atmos en VO, Dolby Digital 5.1 en VF (Blu-ray 4K)

D’autres challengers qui méritent tout autant votre attention

Bohemian Rhapsody, de Bryan Singer (2018) – VO Dolby Atmos TrueHD, VF DTS 5.1

Soul, de Pete Docter (2020) – VO Dolby Atmos True HD (import)

Bad Boys II, de Michael Bay (2003) – VO Dolby Atmos, VF DTS-HD MA 5.1

Gemini Man, d’Ang Lee (2019) – VO Dolby Atmos, VF Dolby Digital 5.1

Jumanji : Bienvenue dans la jungle, de Jake Kasdan (2017) – VO Dolby Atmos, VF DTS-HD MA 5.1

Matrix, de Lana et Lily Wachowski (1999) – VO Dlby Atmos, VF Dolby Digital 5.1

Mortal Engines, de Christian Rivers (2018) – VO Dolby Atmos, VF Dolby Digital Plus 7.1

Lucy, de Luc Besson (2014) – VO Dolby Atmos TrueHD, VF Dolby Digital 5.1

Gravity, d’Alfonso Cuaron (2013) – VO Dolby Atmos (import), VF Dolby Digital 5.1

Et le DTS:X dans tout ça ?

DTS:X logo, son immersif

Moins répandues que les pistes sonores Dolby Atmos, les pistes DTS:X font cependant des merveilles. À condtition toutefois que les éditeurs et distributeurs choisissent d’y recourir. Les sagas Fast & Furious, Harry Potter et Jurassic Park, notamment, en bénéficient dans leurs versions Blu-ray 4K. De même que certains classiques d’Hitchcock. Voici deux exemples, dont un bénéficiant d’une VF, parmi les plus incontournables…

La La Land, de Damien Chazelle (2017)

La VO DTS:X de La La Land réserve une expérience sublime qui sidère par son relief. Le spectateur a le sentiment de se trouver au milieu de l’orchestre lors de chaque scène musicale. Les moments jazzy, notamment, bénéficient d’une spatialisation et d’un équilibre impressionnants.

La La Land, Damien Chazelle, ouverture
Cette version DTS:X de La La Land est un émerveillement acoustique. L’exploitation multicanale fait montre de puissance et de vivacité quelle que soit la langue choisie – Copyright SND

Les voix sont claires, chaque instrument parfaitement reconnaissable. Dès la scène d’ouverture et son magnifique plan-séquence, les effets (verticaux, entre autres) abondent. Trafic routier, klaxons de voitures, atmosphère inhérente à chaque véhicule… le son s’agrège aux moindres mouvements de la caméra. Les détails sonores se distinguent aussi bien sur les côtés qu’en profondeur. Et cerise sur le gâteau, le DTS:X est présent en VF, chose rarissime, et presque aussi satisfaisant qu’en VO.

DTS:X [DTS HD MA 7.1] VF et VO (Blu-ray 4K Ultra HD)

Gladiator, de Ridley Scott (2000)

Si le célèbre néo-péplum du papa d’Alien avait déjà obtenu l’Oscar du meilleur mixage de son en 2001, sa VO DTS:X va encore plus loin. Outre l’ampleur héroïque de la partition de Zimmer, la répartition des effets et des bruitages donne le vertige. Lors des combats, et plus particulièrement dans le Colisée, le dynamisme de l’activité des enceintes surrounds s’avère remarquable. 

Gladiator, Ridley Scott, Colisée, Rome, Russell Crowe
En DTS:X, Gladiator réserve une expérience hors norme, avec à la clé une immersion absolue où chaque son bénéficie d’un positionnement particulier et d’un déplacement vraiment ostensible. – Copyright United International Pictures

Glaives qui s’entrechoquent, tigres rugissants, foule en liesse dans les tribunes du Colisée… le spectacle se renouvelle à chaque instant. D’une richesse étourdissante, la spatialisation et la scène aérienne ne sont pas en reste. En témoigne la sensation de la foule au-dessus des sous-sols de l’arène, de la catapulte, des flèches…

Édition FR – Anglais DTS:X, Français DTS 5.1

Et qu’en est-il de l’Auro 3D ?

Des accords entre Auro 3D et quelques éditeurs de Blu-Ray ont permis la sortie de films intégrant une piste audio Auro 3D. Ces partenariats (avec Sony Pictures Home Entertainment, par exemple) ne concernent cependant que les États-Unis.

Auro 3D, son cinéma immersif

À noter : la version allemande de Possessor (Brandon Cronenberg, 2020) inclut l’Auro 3D sur le Blu-ray Ultra HD. Cette initiative n’a cependant pas été étendue à la France.

Quels sont les Blu-ray 4K disposant d’une piste Dolby Atmos française ?

Certaines éditions – rares, celles-là – bénéficient de pistes VF Dolby Atmos en Blu-ray 4K Ultra HD. Il en va ainsi par exemple, outre les films déjà cités (Valérian, Ready Player One, Le Chant du Loup, La La Land, Dune édition limitée Steelbook et Mad Max : Fury Road) de longs-métrages tels que : 

  • Aquaman, de James Wan (2018) – VF Dolby Atmos TrueHD
  • A Star is Born, de Bradley Cooper (2018) – VF Dolby Atmos TrueHD
  • Batman V Superman : l’aube de la justice, de Zack Snyder (2016) – VF Dolby Atmos TrueHD 
  • Ça, d’Andy Muschietti (2017) – VF Dolby Atmos TrueHD
  • Ça : chapitre 2, d’Andy Muschietti (2019) – VF Dolby Atmos TrueHD
  • Pokémon Détective Pikachu, de Rob Letterman (2019) – VF Dolby Atmos TrueHD
  • Joker, de Todd Philips (2019) – VF Dolby Atmos TrueHD
  • Justice League, de Zack Snyder (2017) – VF Dolby Atmos TrueHD
  • Kaamelott – premier volet, d’Alexandre Astier (2021) – VF Dolby Atmos TrueHD
  • Kong : Skull Island, de Jordan Vogt-Roberts (2017) – VF Dolby Atmos TrueHD
  • Les Animaux fantastiques, de David Yates (2016) – VF Dolby Atmos TrueHD
  • Les Animaux fantastiques : les crimes de Grindelwald, de David Yates (2018) – VF Dolby Atmos TrueHD
  • Ocean’s 8, de Gary Ross (2018) – VF Dolby Atmos TrueHD
  • San Andreas, de Brad Peyton (2015) – VF Dolby Atmos TrueHD
  • Tomb Raider, de Roar Uthaug (2018) – VF Dolby Atmos TrueHD

Quid de l’avenir du son home-cinéma immersif ?

Si les films bénéficiant d’une piste sonore en Atmos ou DTS:X demeurent plutôt rares (surtout en VF), les choses évoluent. Preuve en est l’augmentation croissante du nombre de salles Atmos et DTS:X en France. Conscients des avantages offerts par ces formats en matière d’expérience et d’immersion, les studios de production mutent. Ils investissent ainsi de plus en plus en ce sens dès les phases de pré-production des longs-métrages.

La version originale de Matrix Resurrections va intégrer une piste sonore en Dolby Atmos (core TrueHD 7.1). À savoir si la piste française adoptera autre chose que le format Dolby Digital 5.1.

Aussi, de nombreux éditeurs de Blu-ray 4K répondent présent face aux attentes des home-cinéphiles. Ils n’hésitent pas par exemple à remixer des films en Atmos ou DTS:X. De même, les Blu-Ray 4K Ultra HD avec Atmos se multiplient – dernièrement Halloween Kills (David Gordon Green, 2021) ou encore Dune, sans compter prochainement Matrix Resurrections (Lana Wachowski, 2021). Les géants du streaming (Netflix, Prime…) prennent la mesure du phénomène en proposant des films avec piste de son immersif. Autant de signaux qui permettent d’envisager le futur du son home-cinéma immersif sous les meilleurs auspices.


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Après quelques années dans la presse ciné (La Septième Obsession, L’E.F.…), j’ai rejoint l’équipe de Son-Vidéo.com en 2021. Mordu de musique (rock, soul, jazz…) et de septième art (Herzog, Kubrick, P.T. Anderson…), je découvre l’univers de la hi-fi et du home-cinéma entre curiosité et fascination. En attendant de trouver la place pour profiter de mes vinyles (Zappa, Talking Heads…), je peux compter sur mes enceintes Sonos One. L’occasion d’explorer les plateformes de musique dématérialisée, à la croisée souvent de PJ Harvey et Coltrane.

4 COMMENTAIRES

  1. Je peux vous dire que de tout les films deja regardé, pour moi le plus immersif est de loin  » rampage  » avec the rock , meme si le film est pas ouf ouf 😉

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