Vers une rémunération minimum des artistes pour la musique en streaming ?

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Les artistes auront enfin le droit à un salaire minimum pour la diffusion de leur musique en streaming. C’est en tout cas ce qu’a annoncé le ministère de la Culture ce 16 mai 2022.

“Roselyne Bachelot-Narquin se réjouit de la signature, au ministère de la Culture et sous l’égide du médiateur de la musique, par les syndicats et organisations qui représentent les artistes interprètes et les producteurs de musique, d’un accord qui fixe une garantie de rémunération minimale pour les artistes-interprètes au titre du streaming.”

Cet accord fait donc suite à une longue période de discussion, puisque ce principe garanti par la loi depuis juillet 2016 n’avait jamais été véritablement appliqué dans les faits. Le but de cet accord est donc de se porter garant des droits des artistes-interprètes tout en veillant à l’avenir de la filière de production phonographique en France. Le site officiel du ministère de la Culture met en avant les points suivants :

“Pour tous les artistes interprètes qui touchent des redevances proportionnelles :

  • Cet accord garantit des taux de royalties supérieurs à dix pour cent, calculés sur une assiette tenant compte des différents modèles économiques de production existants.
  • Crée un droit à percevoir systématiquement une avance minimale du producteur.
  • Fixe un taux et une durée maximales d’abattement autorisés et pose le principe d’une bonification de taux en cas de succès important.
  • Quant aux musiciens rémunérés essentiellement au cachet, ils percevront tous une somme forfaitaire spécifique au titre du streaming ainsi que des nouvelles rémunérations supplémentaires chaque fois que sont atteints les niveaux de succès définis par l’accord, à partir d’un demi single d’or (7,5 millions d’écoutes).
  • Enfin, les parties s’engagent à soutenir tous les producteurs, y compris les plus fragiles, dans le cadre d’un dispositif cofinancé par l’État auxquelles elles soulignent leur attachement (FONPEPS).”

Il est essentiel de souligner que cette annonce émane du ministère de la Culture et que cette garantie de rémunération minimum des artistes ne couvre que la France et n’engage en rien les géants du streaming international.

Guide bien choisir son service de streaming

Services de streaming et rémunération des artistes

Dans un article publié le 25 décembre 2018 sur le site Digital Music News et mis à jour pour couvrir la situation en 2022, on retrouve un graphique permettant de se faire une idée générale de la politique de rémunération des services de streaming.

graphique rémunération des services de streaming

Ce graphique a été établi sur la base des informations reçues directement des artistes et des labels indépendants. On retrouve donc Napster et Tidal en tête de peloton. Pas de Qobuz au classement puisque la plateforme de streaming française conserve le mystère et ne communique pas sur ces chiffres. Dans un article publié au mois de janvier 2018, Les Numériques annonçait cependant une rémunération de 0,03816 $ par écoute pour le service de musique en ligne, ce qui placerait Qobuz en tête de file.

sélection Qobuz

Le géant Spotify se place parmi les mauvais élèves de ce classement avec l’un des pires taux de rémunération par stream. Selon les données issues de l’article de Digital Music News, Spotify paierait la plupart des artistes entre 0,003 $ et 0,005 $ pour chaque écoute. Les chiffres présentés par l’article des Numériques donnaient à l’époque 0,00397 $ par écoute pour Spotify. On reste donc dans la même fourchette.

Que signifient ces chiffres ?

Les services de streaming musical sont financés de deux manières : soit par la publicité, soit par abonnement. Si vous écoutez de la musique avec un compte gratuit, les annonceurs paient le service de streaming pour passer des publicités lors de vos écoutes. Lorsque vous payez un abonnement mensuel pour un service premium, cet argent se traduit directement par des revenus pour le service.

Cependant, le problème est plus complexe qu’il n’y paraît et les chiffres annoncés doivent avant tout servir d’ordre d’idée et non de données fixes permettant un calcul précis de la rémunération directe de l’artiste. Ces chiffres représentent avant tout une moyenne basée sur le type d’abonnement (gratuit ou payant) et le mode de calcul (rémunération selon les parts de marché ou rémunération selon les titres écoutés). Pour le cas de la France, la SACEM fait office d’intermédiaire entre les services de streaming et les artistes. Il faut donc retirer des frais de gestion à la somme reversée par la SACEM. Le label sur lequel se trouve l’artiste récupère également une part de cette somme (définie en amont dans le contrat qui lie l’artiste et le label en question) dont le reste sera ensuite partagé entre auteurs / compositeurs / interprètes le cas échéant.

Une fois encore, il est ici question de présenter les grandes lignes de ce système et non de répertorier en détail chaque étape de l’opération.

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Compatible avec Qobuz et Tidal, l’amplificateur hi-fi connecté Elipson Connect 250 vous permet de profiter simplement de vos listes de lecture en haute résolution.

Quel est le meilleur moyen de soutenir les artistes ?

Le meilleur moyen de garantir une rémunération optimale des artistes reste encore d’aller les voir en concert ou d’acheter la musique sur support physique. Bien entendu, l’intégralité de l’achat ne revient que très rarement à l’artiste (uniquement pour les artistes totalement indépendants), mais la somme finale sera irrémédiablement supérieure à ce que peut offrir un service de streaming. Avec le retour du vinyle et le CD/SACD qui semble connaître un regain de popularité, comme nous vous le présentions il y a quelques temps (lire l’article Vinyle VS CD : le Compact Disc n’a pas dit son dernier mot), le support physique reste une option à la portée de tous.

Sélection disques audiophiles

Plus abordable que le support physique et surtout bien plus économe lorsqu’il est question d’encombrement, il est également possible d’acquérir des albums au format numérique pour profiter d’une qualité sonore supérieure et d’un accès constant à votre bibliothèque musicale, même lorsque vous ne pouvez pas vous connecter à internet. La plateforme de streaming Qobuz propose ainsi la possibilité d’acheter des albums via la boutique Qobuz. Vous pouvez ainsi les stocker sur votre smartphone, sur un ordinateur ou un NAS et les streamer en haute résolution via un lecteur réseau audio ou un amplificateur hi-fi avec connexion WiFi.

lecteur réseau Bluesound Node
Certifié Hi-Res Audio et compatible 24 bits / 192 kHz, le lecteur réseau audio Bluesound Node peut alors accéder à toutes les pistes musicales partagées sur le réseau, qu’elles soient stockées sur un ordinateur ou sur un NAS.

La plateforme de musique en ligne Bandcamp permet également d’acheter des albums au format numérique ainsi que du merchandising ou de la musique sur support physique (vinyle, CD, cassette). Tout achat sur Bandcamp peut ensuite être écouté à volonté sur la page de l’artiste ou encore téléchargé au format de votre choix (mp3, FLAC, AAC, Ogg Vorbis, ALAC, WAV, AIFF).

FiiO M17 et Audeze LCD-5
L’association d’un baladeur audiophile et d’un casque hi-fi constitue une excellente solution pour profiter des plateformes de streaming et des albums numériques en haute résolution où que vous soyez.

Si l’annonce gouvernementale concernant la rémunération des artistes représente indéniablement un pas dans la bonne direction, la situation financière des auteurs, compositeurs et interprètes est avant tout entre les mains de leurs auditeurs. Plateformes de streaming avec un taux de rémunération supérieur telles que Tidal, Napster ou Qobuz, disques vinyle, CD, cassettes, albums au format numérique ou place de concert… Les choix sont pléthoriques pour soutenir vos artistes favoris, garantir leur rémunération et leur permettre de continuer à vous donner des frissons.


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Amateur de disques vinyle et passionné d'obscurs sous-genres musicaux, mes préférences cinématographiques s'orientent vers les films d'horreur, des classiques Universal aux slashers et films fantastiques des années 80, ainsi que vers la période américaine d'Alfred Hitchcock. Côté matériel je privilégie une installation hi-fi épurée et sobre pour l'écoute de supports physiques et l'utilisation d'un ensemble DAC / écouteurs intra-auriculaires pour les plateformes de musique dématérialisée telles que Qobuz et Bandcamp.

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