Qobuz : La chronique musicale de Charlotte

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Qobuz décrypte les sorties du moment à ne pas louper. Rééditions, Qobuzissime ou nouveautés : tout y passe.

Pas évident de s’y retrouver dans le flot de sorties d’albums, non ? Pas de problème, la plateforme de streaming Qobuz s’en charge pour vous. Chaque semaine, notre rédaction épluche les plannings, (ré)écoute, sélectionne la quintessence des nouveautés et des rééditions, dans tous les genres, de l’obscur objet de désir aux icônes en passant par des premiers et seconds albums récompensés par notre fameux Qobuzissime. Si 2022 commence doucement, elle avance sûrement. Alors, avant que des vagues d’albums n’inondent le reste de l’année, en voici déjà trois qui ont fait rimer à nos yeux janvier et été.

Qobuzissime – Blutch – Terre Promise(Hi-Res)

Terre promise, chose due. Julien Porhel alias Blutch – rien à voir avec le bédéiste – offre un hommage à la région qui l’a vu naître deux fois, sur son sol et sur sa scène. C’était aux Trans Musicales de Rennes en 2014 et à l’époque, Blutch servait déjà des sets de house hybride, entre abstract hip-hop et deep house. Pour ce premier LP chez Astropolis Records, le label du festival électronique le plus ancien de l’Hexagone, le DJ de Morlaix (Finistère) déroule le tapis rouge à l’Armorique et son magnétisme étrange, en douze pistes contemplatives et oniriques. Ethéré (Les Bois), aérien (Floatin), modulaire (Remparts), électro-pop (Rosko) ou breakbeat (River), ce premier albumcartographie sa mémoire sensorielle de la Breizh, soufflant le chaud et jamais le froid, avec la beauté de la nostalgie douce.

Qobuzissime – Yard Act  – The Overload  (Hi-Res)

La pandémie offre le temps nécessaire à la conception. Et à défaut de nous priver de scènes, on la remercierait presque de nous gratifier d’albums bien maturés. The Overload de Yard Act est un album de confinement, né des réflexions entre quatre murs de James Smith (chant) et Ryan Needham (basse) – anciens camarades de pub passés colocataires –, Sam Shipstone (guitare) et Jay Russell (batterie). Après l’EP Dark Days en janvier 2021, cet album-concept tire le portrait névrosé et fulgurant (37 minutes) de l’Angleterre d’aujourd’hui en onze saynètes caustiques, qu’on vous recommande de décortiquer pour en saisir le génie. Empruntant à Franz Ferdinand comme aux Arctic Monkeys ou leurs aînés The Fall, les Anglais usent de l’humour et des détonations groove pour faire passer leur colère comme édulcorer une formule post-punk bien éprouvée par la foisonnante scène britannique actuelle. Il n’y a qu’à écouter la basse déstructurée de Payday, ses congas et ses synthés délirants, ou, plus loin, cette logorrhée et ces ad lib pour comprendre que les Nordistes de Leeds arrangent un décorum musical plus coloré qu’il n’y paraît, loin du pavé monochrome habituel. Un album-concept profondément sérieux et très habile dans l’art de la satire sociale, pas si éloigné de Pulp et a fortiori Qobuzissime.

Youn Sun Nah – Waking World (Hi-Res)

Album entier de composition, dont elle signe aussi les paroles et les arrangements, Waking World est une grande première pour Youn Sun Nah. Un saut dans le vide pour la diva jazz coréenne installée à Paris qui n’avait jamais osé se lancer entièrement dans la création pure, malgré ses dix albums au compteur. Seule dans sa maison en Corée du Sud, pénétrée par les questions que soulève la conjecture de 2021, elle se met à écrire, par choix comme par nécessité. “Je n’ai pas beaucoup confiance en moi mais je suis prête. J’ai vraiment envie d’avancer et de faire du mieux possible, parce qu’on ne sait pas ce qu’il va se passer demain. Donc j’ai envie de vivre le présent à 200 %.” Face à la blancheur de sa page, la chanteuse s’éloigne du jazz, opte pour la croisée des genres, parfaite pour son agilité vocale tout terrain, et une formation de musiciens un brin renouvelée. Dans le studio en France se retrouvent ainsi les claviers et la batterie de Xavier Tribolet, les guitares électriques et acoustiques de Thomas Naïm (et non plus son fidèle acolyte Ulf Wakenius), la basse de Laurent Vernerey, le violoncelle de Guillaume Latil, le violon d’Héloïse Lefebvre, la trompette et le bugle d’Airelle Besson. Folk, blues ou même pop avec des formats courts de 3 minutes 30, cet autoportrait émouvant dévoile une intimité hautement sensible, presque intimidante pour l’auditeur. Une autrice-compositrice est née.

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