Test Sonus Faber Lumina I : la plus séduisante des petites enceintes italiennes

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Test des enceintes compactes Sonus Faber Lumina I, les plus petites et les plus abordables enceintes issues de la gamme d’enceintes Sonus Faber Lumina du fabricant italien. Commercialisées 799 € la paire, ces enceintes à la finition tout aussi soignée que les modèles de gammes supérieures adoptent une très jolie parure de cuir noir et une façade en bois véritable. 

Détail caractéristique de nombreuses enceintes du fabricant italien, le tweeter des enceintes Sonus Faber Lumina I est monté dans un support en forme de lyre.

L’enceinte Sonus Faber Lumina I est équipée d’un haut-parleur médium-grave de 12 cm de diamètre bénéficiant d’une charge bass-reflex et d’un tweeter à dôme soie avec technologie propriétaire D.A.D. Idéale avec un ampli délivrant une puissance comprise entre 30 et 100 watts RMS, elle présente une impédance de 4 ohms et une sensibilité de 84 dB. Sur le papier, ces caractéristiques destinent principalement cette enceinte à l’écoute de proximité dans une chambre ou dans un salon de taille raisonnable. 

Malgré leur petit gabarit, les qualités musicales de ces jolies petites enceintes sont-elles au diapason de leur très belle esthétique ?

Sonus Faber Lumina I : la marque

Sonus Faber a été fondée en 1980 par un groupe d’audiophiles également passionnés d’ébénisterie qui souhaitaient travailler dans la tradition des maîtres luthiers de la région. Le recours à des matériaux nobles, un design particulièrement soigné et des qualités musicales indéniables font rapidement la renommée de la marque. Reconnaissables entre toutes, les enceintes Sonus Faber ne laissent jamais indifférent. 

Sonus Faber compte plusieurs gammes d’enceintes à son catalogue :

Les enceintes Sonus Faber Lumina

Les enceintes Sonus Faber Sonetto

Les enceintes Sonus Faber Olympica Nova

Le fabricant italien propose également tout une gamme d’enceintes encastrables dont certaines adoptent une jolie façade en bois et cuir noir, à l’image des enceintes Sonus Faber Palladio PW-662 et Sonus Faber Palladio PL-664.

Chez Sonus Faber, même les enceintes encastrables sont parées de bois et de cuir, à l’image de l’enceinte Sonus Faber Palladio PL-664, un modèle LCR 3 voies close.

Sonus Faber fabrique intégralement ses enceintes dans son usine de Vicenza, non loin de Venise. Dans ses débuts, la réalisation des haut-parleurs était le plus souvent confiée au constructeur Danois Scan-Speak, réputé pour la très grande linéarité de ses transducteurs et pour ses tweeters à dôme tissu puissamment motorisés. Désormais les haut-parleurs sont conçus et fabriqués par Sonus Faber, y compris les haut-parleurs qui équipent les enceintes Sonus Faber Lumina I de notre test.

Afin de préserver la taille humaine de son usine, Sonus Faber confie les travaux d’ébénisterie à un sous-traitant exclusif de la région, lequel conçoit également les supports de travail spécifiques à chaque modèle. Chez Sonus Faber, le travail manuel est une tradition et chaque enceinte passe entre les mains d’une vingtaine de personnes avant de sortir de l’usine. 

Sonus Faber Lumina I : packaging & accessoires

Les enceintes compactes Sonus Faber Lumina I sont livrées dans un double emballage cartonné pour les prémunir des aléas du transport. Elles sont calées par deux blocs de mousse polyéthylène (un au-dessus et un en dessous) et emballées chacune dans une housse en tissu synthétique. Un film de mousse polyéthylène est intercalé entre la façade des enceintes et leur cache magnétique respectif.

Sonus Faber Lumina I : présentation

La gamme d’enceintes Sonus Faber Lumina est la plus abordable du fabricant italien. L’ADN de la marque est cependant bien présent avec des lignes sobres et élégantes et le recours à des matériaux nobles (coffret en bois et cuir véritables). Son cache magnétique laisse le choix à l’auditeur de masquer la façade de cette enceinte qui se fait alors très discrète et devient quasiment invisible dans une bibliothèque, ou de profiter de sa magnifique finition bois une fois le cache retiré.

Techniquement, ces enceintes bénéficient également du savoir-faire des ingénieurs italiens qui les ont dotées d’un tweeter à technologie propriétaire DAD (Damped Apex Dome) qu’on retrouve sur toutes les enceintes Sonus Faber. 

L’enceinte bibliothèque Sonus Faber Lumina I est un modèle 2 voies bass-reflex. Elle est équipée d’un haut-parleur à membrane de 12 cm et d’un tweeter à dôme tissu de 2,9 cm. 

Elle convient très bien pour deux usages : 

  1. reproduire les effets surround des films en association avec l’enceinte centrale Sonus Faber Lumina Center I et la paire d’enceintes colonne Sonus Faber Lumina III.
  2. écouter de la musique dans une chambre ou un salon de taille raisonnable, avec ou sans caisson de basses.

Finition cuir et bois

L’enceinte compacte Sonus Faber Lumina I adopte des lignes plus sobres et plus classiques que d’autres compactes de la marque comme les enceintes Sonus Faber Sonetto I ou les enceintes Sonus Faber Olympica Nova I

Comme toutes les enceintes Sonus Faber, elle se distingue néanmoins par son esthétique soignée. Dès le déballage, on est séduit par sa façade multicouches de bois véritable et sa robe de cuir noir. La marque italienne frappe une nouvelle fois les esprits avec un design minimaliste aux angles marqués afin de souligner la qualité des matériaux utilisés.

Tweeter D.A.D.

Le tweeter de l’enceinte Sonus Faber Lumina I est un modèle à dôme D.A.D. (Damped Apex Dome) de 29 mm. Il est surmonté d’une arche étroite munie d’une pointe conique reposant sur l’apex du dôme. Celle-ci assure l’amortissement local du sommet du tweeter afin d’éviter tout risque d’inversion de phase, fréquent dans cette zone. Sur un tweeter à dôme souple standard, cette inversion de phase au sommet du dôme cause une atténuation précoce des hautes fréquences.

Un petit cône à l’extrémité arrondie est positionné en appui au sommet du dôme du tweeter afin d’éliminer les phénomènes d’inversion de phase dans cette zone de la membrane.

Puissamment motorisé, le tweeter DAD de l’enceinte Sonus faber Lumina I assure une reproduction précise et efficace des hautes fréquences. Ce transducteur à dôme soie se caractérise par ailleurs par son excellente linéarité.

Médium-grave 12 cm

La membrane du haut-parleur de grave-médium de la Sonus Faber Lumina I mêle matériaux composites et papier. Ce haut-parleur de 12 cm de diamètre conçu spécifiquement pour cette gamme d’enceintes adopte une suspension en demi-rouleau et une motorisation largement dimensionnée. Il offre ainsi une longue excursion et une excellente tenue en puissance. 

Il est chargé dans un volume d’air accordé selon le principe de la charge bass-reflex, avec un évent laminaire frontal très discret, intégré au socle de l’enceinte, ce qui facilite son placement dans une pièce de vie. 

L’enceinte Sonus Faber Lumina I constitue ainsi une véritable enceinte de bibliothèque qu’on peut aisément poser sur une étagère entre des livres.

Filtre optimisé

Sonus Faber a soigneusement mis au point le filtre de l’enceinte Sonus Faber Lumina I afin d’en linéariser l’impédance. Celle-ci est ainsi plus facile à alimenter et n’engendre pas de coloration de la part de l’amplificateur qui lui est associé. Les deux paires de borniers à vis plaqués nickel sont compatibles avec les fiches bananes et permettent par ailleurs de procéder au bi-câblage ou à la bi-amplificatiuon de cette enceinte. 

La Sonus Faber Lumina I répond en fréquence de 65 Hz à 24 kHz. Sa sensibilité assez faible (84 dB/2,83 V/1 m) est en partie compensée par son impédance de 4 ohms mais nécessite de lui associer un ampli puissant et/ou doté d’une solide alimentation si l’on souhaite écouter à fort volume.

Une cinquantaine de watts par canal suffisent cependant pour que la Sonus Faber Lumina I s’exprime avec conviction dans une pièce de volume raisonnable.

Sonus Faber Lumina I : spécifications clés

Conception

  • Enceinte 2 voies
  • Bass-reflex à évent frontal laminaire, à la base de l’enceinte
  • Finition bois naturel et cuir noir
  • Borniers compatibles bi-amplification

Haut-parleurs

  • Grave-médium en pulpe de cellulose et fibres naturelles, diamètre 12 cm
  • Tweeter D.A.D. (Damped Apex Dome), dôme soie enduit de 2,9 cm

Mesures

  • Puissance d’amplification recommandée : 30 à 100 W RMS
  • Réponse en fréquence : 65 Hz à 24 kHz
  • Sensibilité : 84 dB /2,83 V/m
  • Impédance : 4 ohms
  • Filtre à réponse d’amplitude et de phase optimisée
  • Fréquence de coupure : 2000 Hz

Généralités

  • Dimensions (hxlxp) : 280 x 148 x 213 mm
  • Poids : 4,4 kg (pièce)

Sonus Faber Lumina I : mise en oeuvre

Pour ce test des enceintes compactes Sonus Faber Lumina I, nous les avons installées sur une paire de pieds pour enceintes NorStone Stylum 2, écartées d’environ 2,5 m l’une de l’autre et placées chacune à environ 2,5 m de la zone d’écoute. Nous les avons ensuite reliées à l’ampli WiFi/Bluetooth Lyngdorf TDAI-1120 au moyen d’une paire de câbles pour enceintes pré-montés NorStone Arran MC. Nous avons ainsi pu profiter de notre abonnement Qobuz Studio pour écouter de la musique en qualité CD et en Hi-Res.

Nous avons pu tester les enceintes Sonus Faber Lumina I avec l’excellent ampli Wi-Fi/Bluetooth Lyngdorf TDAI-1120.

Nous avons également eu l’opportunité d’associer à ces enceintes le caisson de basses Rel Acoustics T-Zero lors de plusieurs sessions d’écoutes. 

Le petit caisson de basses Rel Acoustics T-Zero s’est révélé un partenaire de choix pour les enceintes compactes Sonus Faber Lumina I.

Sonus Faber Lumina I : impressions d’écoute

Summertime (Album Version) – Aaron Neville (Nature Boy: The Standards Album – 2003)

La scène sonore est très aérée et la musique respire dès l’ouverture de ce morceau. Les premières notes du piano à droite s’étirent longuement après la frappe sur les touches, la guitare à gauche déroule son jeu de manière très fluide tandis que les petits coups sur la cymbale à droite donnent le tempo avant que les percussions et la batterie s’en mêlent, rejointes par la basse et les cuivres.

La voix du chanteur est claire et parfaitement articulée. Elle se déploie sans peine depuis le centre de la scène sonore. Le vibrato et les nombreuses nuances dans les inflexions de voix sont rendus avec beaucoup de réalisme.

Le respect du timing est optimal, avec un tweeter qui tient parfaitement le tempo, lumineux, incisif et précis sans jamais se départir de sa douceur. Le grave est énergique et très bien tenu. À défaut d’être profond, il est parfaitement cadencé et se montre nuancé.

On est surpris par l’aisance avec laquelle ces très petites enceintes délivrent ce morceau qui se déploie largement dans notre salon. On peut même monter le volume sans que l’enceinte ne devienne à aucun moment brouillonne ou désagréable à écouter.

En activant le caisson de basses Rel T-Zero, l’énergie et la profondeur accrues dans le registre grave profitent à la présentation qui gagne en intensité, en matière et en amplitude. 

Le caisson de basses Rel Acoustics T-Zero apporte une extension appréciable dans le grave qui donne plus de corps et d’assise à l’écoute. On n’insiste jamais assez sur la qualité d’un système hi-fi 2.1…

I Can’t Stand The Rain – Sara K. (Hell or High Water – 2006)

La guitare bluesy à souhait et la voix éraillée de la chanteuse folk nous embarquent dès les premières mesures de cette reprise du titre d’Ann Peebles. Encore une fois, on est séduit par l’aération et l’amplitude de la scène sonore qui s’offre à nous avec une belle sensation de relief. 

Beaucoup de matière dans la voix de l’artiste, qui s’exprime tantôt avec douceur, tantôt avec intensité. Réalisme sur le jeu des guitares qui se répondent à gauche et à droite. Le pincement des cordes et leurs vibrations sonnent de manière authentique, la présentation globale bénéficie d’une très belle présence.

Fever – Balthazar (Fever – 2019)

La basse en métronome dès les premières secondes, des sonorités électro, le xylophone interrompu par les chœurs avant qu’interviennent la batterie puis la voix du chanteur : la petite Sonus Faber Lumina I délivre avec aisance cette composition musicale hétéroclite qui prend vie progressivement devant nous. 

La voix du chanteur, grave et légèrement rocailleuse est un régal. Les chœurs se déploient en hauteur et en largeur, les cordes filent haut avec une belle clarté tandis que les percussions et la batterie martèlent joyeusement le tempo. Le grave manque bien sûr de profondeur mais sur la plage de registre couverte par le 12 cm, il est vif et extrêmement bien tenu. Au point qu’on n’est pas frustré, même si la mise sous tension du caisson Rel Acoustics T-Zero permet d’apprécier encore plus ce titre.

Sonus Faber Lumina I comparée aux enceintes Dali Menuet et Davis Acoustics Courbet N°3

Dali Menuet (1100 € la paire)

Le gabarit et la taille des haut-parleurs sont sensiblement les mêmes sur la Menuet qui présente elle aussi une faible sensibilité ainsi qu’une faible impédance nominale. Sur le papier l’enceinte scandinave descend cependant légèrement plus bas, ce qui se traduit à l’écoute par un peu plus d’assise et de densité. 

Toutes les deux offrent à la scène sonore une aération remarquable, font preuve à la fois de précision et de douceur dans les hautes fréquences et proposent des timbres réalistes. 

Sur le registre très subjectif de l’esthétique, l’enceinte Sonus Faber Lumina I est de loin la plus séduisante à nos yeux. Le mariage du bois et du cuir est une vraie réussite et la finition ne souffre aucune critique. Enfin l’évent frontal de la petite italienne achèvera de convaincre ceux qui souhaitent l’installer sur l’étagère d’une bibliothèque.

Davis Acoustics Courbet N°3 (1800 € la paire)

Un petit peu plus grande que la Lumina I, l’enceinte Courbet N°3 adopte un haut-parleur grave-médium de 13 cm. Sa membrane Kevlar très rigide et son volume de charge un peu plus important lui confèrent plus d’autorité dans le grave. Fluide dans les hautes fréquences, la française propose un registre médium très vivant, bien incarné, avec un sens certain de la nuance. La présentation de la scène sonore est large, la spatialisation des voix et des instruments précise. 

Un cran en dessous dans le registre grave, moins appuyé que celui de la Courbet, et dans le médium, un peu moins riche quoique très plaisant, la Sonus Faber fait quasiment jeu égal en termes d’aération et de spatialisation de la scène sonore.

Enfin côté esthétique, si la finition laquée de la française est particulièrement réussie, elle tranche cependant avec le côté chaleureux du bois et du cuir de l’italienne, plus sensuelle sur ce registre.

Sonus Faber Lumina I : conclusion

Avec l’enceinte Sonus Faber Lumina I, le fabricant italien parvient à proposer aux mélomanes tout ce qui fait depuis des années le succès de ses enceintes pour un tarif contenu. La justesse des timbres, l’énergie déployée de manière équilibrée sur toute la plage de fréquences, la spatialisation et l’aération de la scène sonore sont au rendez-vous. L’émotion également.

Très bien conçue, cette enceinte compacte n’essaie jamais de paraître plus grosse qu’elle n’est au risque de délivrer un message approximatif ou brouillon. Au contraire, elle exploite au mieux ses qualités intrinsèques afin de servir la musique avec beaucoup de justesse et une belle énergie. 

Bien que ces enceintes se destinent à une écoute de proximité dans une pièce de taille raisonnable, elles se sont montrées à l’aise dans notre pièce de vie de plus de 30 m².

L’association avec un ampli stéréo ou un ampli WiFi/Bluetooth d’une puissance au moins égale ou supérieure à 50 watts sous 4 ohms est recommandée pour en tirer le meilleur parti. L’ajout d’un caisson de basses, même doté d’un haut-parleur de modeste diamètre comme le Rel Acoustics T-Zero, apportera de la matière et offrira une plus grande amplitude encore à la scène sonore.

Nous avons aimé

  • L’esthétique et la finition très soignée
  • La compacité et l’évent frontal discret
  • Son énergie et sa vitalité
  • La justesse des timbres

Nous aurions aimé

  • Un peu plus d’amplitude dans le grave ?


2 COMMENTAIRES

  1. Merci de partager ces impressions avec nous.
    L’association Lyngdorf / Sonus, c’est ce que j’envisage d’ici qq temps et ce test rondement mené tombe à pic.
    Les Lumina ont l’air très convaincantes pour leur taille et l’absence de visserie en façade, un vrai signe du raffinement à l’italienne…

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